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Thread: Une scène vécue sous Zolpidem

  1. #1
    Skilled Psychonaut Tridimensionnel's Avatar
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    2016 Apr
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    Une scène vécue sous Zolpidem

    En premier lieu, je n’encourage nullement la consommation de zolpidem, car: 1) le trip n’a rien de spécifiquement agréable. 2) ça vous mettra dans des situations socialement embarrassantes, car vous croirez être dans un rêve et vous en rappellerez comme tel, jusqu’à ce que votre entourage vous apprenne que, oui, vous avez vraiment fait cela. 3) les benzodiazépines et assimilés augmentent significativement le risque de maladie dégénérative… et vous n’avez pas envie de vous taper Parkinson. 4) le risque d’accrochage est réel et le sevrage, dangereux.

    Le contexte: depuis quelques semaines je vis un épisode dépressif avec des pulsions suicidaires. Ce soir-là je décide de m’accorder une pause et de prendre un somnifère. Comme j’ai beaucoup d’intérêt pour la zone grise entre sommeil et veille, j’ai déjà exploré plusieurs fois l’effet induit par le zolpidem (souvent à mes dépends).

    L’un des effets habituels c’est des hallucinations hypnagogiques où mon ego se fragmente et où au lieu d’être un seul je suis une vingtaine de personnages, de tous métiers et de tous âges, sexes… Autant le dire tout de suite, rien de cohérent de sort jamais de cette phase, les personnages eux-même ne sont pas figés, et les dialogues ressemblent plus souvent à «faut vraiment être con hein» «ta gueule vieux schlague» «pour qui tu te prends grognasse» qu’à «oh, toi, telle part de ma personnalité, pourquoi es-tu en conflit avec telle autre part de ma personnalité?». Donc, la plupart du temps, intérêt philosophique = 0.

    Cette fois-ci, parce que je suis dans un mal pas possible, je décide de faire l’effort de passer par-dessus ce bordel pour explorer un peu mon inconscient. Qui sait, ça pourrait marcher. Donc, j’attends que l’effet s’installe, et lorsque ça commence à être bien le souk dans ma tête, je rassemble «tout le monde» dans une pièce, «je» me pose devant et «je» demande: «alors, on fait quoi?».

    «Je», à ce moment, c’est seulement ma conscience en tant narratrice, puisque toute ma personnalité est diffractée et étalée devant moi. Et, dans cette taverne où une dizaine de personnages éclectiques disent des conneries en faisant la moue, «je» est une sorte de structure métallique, un squelette rouillé. Je «me» vois de dos, mes côtes se sont ouvertes comme des battants de porte ; comme si j’étais l’enveloppe qui contenait tout le reste et que je «les» avais laissés sortir de moi-même, et que c’est ainsi ouvert et vide d’eux que je m’adressait à eux.
    Mes personnages, comme d’hab, ne disent rien de constructif, de toute façon le zolpi c’est pas bon pour l’intellectualité, je ne le répéterai jamais assez. En gros ils boivent des litres de bière d’un air méditatif et laissent entendre que le problème est intéressant.
    (quand je raconte on dirait que la scène était précise, mais en fait, ça n’étaient que des impressions très confuses que je rationalisais au fur et à mesure).

    Bref je me concentre pour maintenir ce pseudo-pow-pow et alors je vois que de cette armature métallique est sorti, toujours reliée à elle mais excentrée maintenant, une sorte de colonne vertébrale dans laquelle est incrustée une gemme verte, de forme assez allongée, ou un tube en verre rempli de liquide vert et luminescent. Cette gemme a l’air prisonnière de son «corps», en soi elle est belle, mais ce qui l’entoure et la retient est pesant, et sans valeur esthétique. J’ai la brusque intuition que cette gemme est la seule chose cruciale présente dans cette pièce, et que la solution, c’est de la libérer de cette masse métallique. Mes personnages sont d’accord avec ça, l’un d’eux fait même le geste d’attraper la pierre pour l’arracher de la colonne vertébrale.
    Bon, après ça je m’endors.

    […]

    Spontanément, me sont venues deux interprétations. Toutes deux partent de la même base: l’armature-boîte-squelette, c’est le «corps», c’est-à-dire le point de rencontre entre ce que je suis et le monde réel, entre l’interne et l’externe ; ma mémoire, mon expérience, ma diversité étant représentées dans les personnages, et les leitmotiv de celles-ci étant donc cette cage, ce cadre, qui me forme, me constitue, modèle mon comportement en tant qu’être humain actif. La gemme, c’est l’«âme», c’est-à-dire ce que je suis au niveau le plus primaire, peut-être tel que j’étais avant même de naître, ou le radical de toutes mes personnalités passées et futur, bref, ce qui fait de moi un être unique avant même que la vie ne se charge de me donner un parcours unique.
    Mais visiblement, cette âme supporte mal son corps ; difficile de dire si elle a seulement assez de vie propre pour désirer autre chose, je la vois plus comme un principe, un moteur, mais un moteur attaché à une machine inadaptée, d’où une grosse dissonance, et d’où l’envie de l’en détacher.

    Mais que signifie l’en détacher? Première version: changer de «corps», c’est-à-dire envoyer bouler tout ce qui me conditionne actuellement, me composer un présent qui compense le passé, faire tout péter, couper les ponts, changer de vie, devenir moine ou ermite, avoir plein de potes et boire de la vodka autour d’un feu de camp, …

    Seconde version: abandonner mon «corps», c’est-à-dire… mourir. Oui, mais ça fait disparaître aussi la gemme? Je ne sais pas. Au fond de moi je ne crois pas que la mort nous efface du monde. Notre conscience est terminée, mais le fragment de vie qui nous a été alloué retourne au Tout, et nous continuons à être, d’une certaine façon, en chaque molécule. Ou alors, qui sait! Y’a peut-être un paradis quelque-part? (j’y crois pas trop maybon) Bref dans cette vision, ça n’avait pas l’air de poser problème pour l’âme d’être séparée de son corps, ça la privait de «vie» au sens mortel mais ça ne l’annihilait pas. Cette seconde interprétation est aussi en accord avec mes pulsions suicidaires (= découragement à tenter de changer les choses).

    Voilà, qu’en pensez-vous? Est-ce que ça fait naître en vous des réflexions, des idées? Des concepts à y rattache? De la curiosité?
    (ceci n’est pas un appel à l’aide masqué, j’ai conscience que mon état est morbide et je consulterai dès que cela me sera matériellement possible. C’est au niveau intello que j’ai envie de réfléchir à cette «vision»)
    Last edited by Tridimensionnel; 28th July 2017 at 06:43.
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  2. #2
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    oulah quand je prends zolpidem en effet je suis fonssdé mais pas d'hallucination...

  3. #3
    Psychonaut Master Laura Zerty's Avatar
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    Re : Une scène vécue sous Zolpidem

    Ah ouai tu trippes pas à moitié toi

    J'ai une question plutôt personnelle qui m'est venue direct en tête, c'est si tu avais des troubles de la personnalité reconnu pour avoir autant de personnalités en toi ? ou si c'est que t'es assez sensible pour différencier ton ego de ton âme, et ainsi voir les multiples facettes composant ton identité, disons la somme de tout tes Moi que tu arriverais à étaler devant toi dans un état de dissociation ? (délire que je trouve normal quand on a prit de la drogue)

    Sinon c'est cool que tu es réussie à dépasser le stade où les instances psychiques se parlent de manière grossière, parce que ton ego ne veut pas lâcher prise et créé alors un délire intellectuel, dans une jactance qui ne mène à rien puisqu'elle t'empêche d'accéder à ta personnalité vraie. Disons que tu t'es vu de l'extérieur et que par la sublimation/illusion du rêve, tu as accédé à ton Soi d'une manière métaphorique avec la gemme prisonnière de ton corps.

    A partir de là c'est le début de la réminiscence, d'un état où tu pourras te retrouver et te sortir de ta déprime/dépression dans une volonté de résilience, d'accéder à soi en te réalisant, au lieu de subir ta vie et d'errer dans ton propre corps et dans tes relations avec ton entourage. Bon c'est plus facile à dire qu'à faire, mais si t'as le pouvoir d'accéder à ta gemme, pourquoi ne pas la polir afin qu'elle brille selon ton idéal propre ?
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  4. #4
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    Quote Originally Posted by wealldead View Post
    oulah quand je prends zolpidem en effet je suis fonssdé mais pas d'hallucination...
    C'est pas parce qu'on a pas d'hallu que ça peut pas arriver ..
    J'ai fini à l'hosto il y a quelques années après avoir pris du zolpidem car j'étais en plein délire. J'me voyais courir, je voyais des fantomes, des haches qui tombaient du ciel, les ténebres et tout .. pourtant j'suis du genre à être résistante à tout type de drogue ... comme quoi hein !

    ne pas sous estimer le potentiel du zolpidem
    "Nous devrions regarder à l’intérieur de nous; le chemin du coeur mène à des univers tout près de nous remplis de vie et d’affection pour l’humanité."

    -Si ce monde ne tourne pas rond, c'est que chacun pense en être le centre. Fuzati

  5. #5
    Skilled Psychonaut no_id's Avatar
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    tain ca a l'air bien ca, j'ai eu un délire similaire sur zopiclone mais ca avait pas duré longtemps... Plus psyché que les psyché
    "The final delusion is the belief that one has lost all delusion."
    -- Maurice Chapelain

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  6. #6
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    Mouai, je confirme.
    Accroc plein pot 1an et demi à haute dose.
    Accidents de voitures, situations dangereuses, souffrances physiques et mentales...
    Tout ça, parceque ça fait office d'escape drug, ça met ailleurs, et on se fout dans la merde royal à faire ça.
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  7. #7
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    Salut!

    De façon récréative ou utilitaire, le zolpidem ne doit de toute manière jamais être pris en état actif! Il faut se poser, allongé, lumière faible, à la limite bouger dans le cadre d'une pièce, mais pas plus. Pas d'interactions avec autrui (naïveté extrême et désinhibition gênante), pas de déplacements (maladresse, perte d'équilibre)... J'imagine bien que les conséquences puissent être catastrophiques.

    @Laura: non, je n'ai pas de problème de personnalité multiple, du moins pas à ma connaissance. Ces différentes "personnes" ressemblent plus à ce que dit un écrivain de ses inventions: chacun.e est une part de sa psyché, ne serait-ce parce qu'ille en vient.
    J'ai un peu de mal à partager ton optimisme, je pense que dans certaines occasions privilégiées on peut en effet voir son "soi" (ces occasions étant propres à chaque personne, mais généralement ce sont celles où l'on se dépasse, où l'on a une occasion de s'extirper du "corps"). Mais chaque fois que ça m'est arrivé, j'ai pu agir sur un temps assez court, pas sur le long terme. Je pense que cette gemme et le corps sont deux forces antinomiques (si l'on simplifie, et j'espère que tu me pardonneras cette dichotomie artificielle) mais que pour autant elles ne vivent pas l'une sans l'autre. On ne peut pas durablement pencher pour l'une ou l'autre. Le corps fait toujours plonger l'âme, parce que sinon, on ne serait pas incarné (ceci est une métaphore, et non une référence à la religion).

  8. #8
    Skilled Psychonaut no_id's Avatar
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    J'ai pu essayer ce we, 20mg un jours, 20mg le suivant. Dodo les deux fois avec aucun souvenir. Super.
    "The final delusion is the belief that one has lost all delusion."
    -- Maurice Chapelain

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  9. #9

  10. #10
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    Re : Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    Quote Originally Posted by Tridimensionnel View Post
    @Laura: non, je n'ai pas de problème de personnalité multiple, du moins pas à ma connaissance. Ces différentes "personnes" ressemblent plus à ce que dit un écrivain de ses inventions: chacun.e est une part de sa psyché, ne serait-ce parce qu'ille en vient.
    J'ai un peu de mal à partager ton optimisme, je pense que dans certaines occasions privilégiées on peut en effet voir son "soi" (ces occasions étant propres à chaque personne, mais généralement ce sont celles où l'on se dépasse, où l'on a une occasion de s'extirper du "corps"). Mais chaque fois que ça m'est arrivé, j'ai pu agir sur un temps assez court, pas sur le long terme. Je pense que cette gemme et le corps sont deux forces antinomiques (si l'on simplifie, et j'espère que tu me pardonneras cette dichotomie artificielle) mais que pour autant elles ne vivent pas l'une sans l'autre. On ne peut pas durablement pencher pour l'une ou l'autre. Le corps fait toujours plonger l'âme, parce que sinon, on ne serait pas incarné (ceci est une métaphore, et non une référence à la religion).
    Oui je vois le genre, la personnalité serait comme constituée d'une multitude de caractères se reflétant dans de nombreuses facettes, que l'on montrerait selon ses humeurs et selon les situations dans lesquelles on se trouve. Et dans la dissociation, ça serait ce moment où au lieu de n'avoir accès qu'à une facette dans un moment donné, c'est à dire en incarnant une de nos personnalités sans même se rendre compte que l'on en a d'autres qui seraient latentes ou refoulées, on pourrait prendre assez de recul dans une transe où il n'y aurait ni espace ni temps, pour arriver à voir toutes les facettes de notre personnalité et d'accéder à soi.

    Enfin ça serait une première étape pour accéder à soi, disons que la dissociation serait la prise de conscience de soi, de son individualité aux multiples facettes, et que le moment où l'on ré-incarnerait son corps en quittant cet état de dissociation/dépersonnalisation, alors on pourrait être soi-même si l'on reste raccord avec ses idées/pensées et ses émotions/ressentis (dans une humeur agréable où l'on oserait s'exprimer et être soi).

    Mais cet état de soi n'est que momentané voir éphémère, enfin c'est ça le problème avec la drogue, c'est qu'au moment où on arrive à le saisir dans un flash intuitif ou extralucide, l'instant d'après on se perd de nouveau dans l'intellect en posant des mots et de la raison là où il n'y en a pas forcément besoin. C'est clair que dans ce court laps de temps, si on arrive à agir d'après l'image que l'on a gardé en mémoire de soi pendant le trip, donc entre ce qu'on a perçu de sa personne et l'idéal rêvé qu'on souhaiterait atteindre pour soi, l'intérêt méditatif devient inutile dès que la descente s'amorce et que notre vanité reprend le dessus. Adieu le rêve, et bonjour la triste réalité et tous les masques que l'on revêt pour se cacher à soi-même, avec les symptômes et maladies psychosomatiques que ça entraine.

    Mais je me dis qu'il y a moyen de rester branché sur son rêve, sur l'idéal que l'on voudrait atteindre et qui s'il est positif, nous assurerait une volonté et une énergie nous permettant d'agir pour soi, afin de d’œuvrer en élaborant son idée, et ça sans drogue. Disons que ça serait se trouver un idéal entre le rêve tripé et les exigences de la réalité, et dans de multiples compromis arriver à trouver un équilibre dans lequel on chuterait en s'assurant de toujours avancer. Un peu comme un avion qui est constamment en train de tomber, mais qui est quand même propulsé par ses moteurs. Faut juste trouver le carburant en soi dans une bonne alchimie psychique et physique, et je me dis qu'avec l'état de dissociation, y a moyen de voir où est la panne en soi, et de se réparer pour planer sans drogue ou sans sombrer dans les marasmes de nos esprits anxieux et angoissés.



    Quote Originally Posted by Tridimensionnel View Post
    Je pense que cette gemme et le corps sont deux forces antinomiques (si l'on simplifie, et j'espère que tu me pardonneras cette dichotomie artificielle) mais que pour autant elles ne vivent pas l'une sans l'autre. On ne peut pas durablement pencher pour l'une ou l'autre. Le corps fait toujours plonger l'âme, parce que sinon, on ne serait pas incarné (ceci est une métaphore, et non une référence à la religion).
    Il me semblerait que ça serait plutôt à toi de te pardonner ce clivage, entre ton âme et ton corps, si c'est le mal qui te ronge (et je pense qu'on est plus d'un à être dissocié de nous-mêmes). A ce niveau là je suis persuadé que retrouver des liens entre corps et esprit, permettrait de guérir les âmes malades que nous sommes, enfin quand je regarde par la fenêtre ou en moi, j'ai parfois du mal à positiver, et toutes ces ruminations pessimistes ne sont que le fruit d'un état de dépersonnalisation, et/ou de dissociation m'empêchant de vivre en harmonie avec moi-même, et avec mon environnement.

    En tout cas si le corps fait toujours plonger l'âme comme tu le dis, en ce moment j'essaye de mieux vivre avec et dans mon corps en espérant me sentir mieux après, pour me reconnecter avec des facettes de ma personne que j'ai oublié et masqué sous trop souffrance et de déni de cette souffrance. Via la dissociation j'ai longtemps analysé mes souffrances pour en avoir connaissance et en croyant que cette connaissance m'en guérirait, et l'autre jour que je feuilletai un livre sur la méditation, l'auteur disait précisément qu'en occident on était les champions pour comprendre notre souffrance, mais sans pour autant arriver à s'en débarrasser en en faisant l'expérience, l'épreuve.

    Et là j'ai pris une claque, je me suis rendu compte que tout ce temps passé à m'observer, à m'analyser, à me triturer, ba c'était comme si j'entretenais ma souffrance en croyant arriver à la dépasser, alors qu'en ne faisant que poser des mots dessus, de manière toujours plus précise, je m'enfonçais dedans sans m'en rendre compte, parce que la verbaliser me permet en fait de m'en distancer (le pire étant que ça je le sais depuis des années lol). Et cette distance que je créé entre ma souffrance et mon esprit, par l'action du langage, me dissocie de moi-même, en clivant mon corps de mon esprit. Là je me suis aussi rappelé qu'à chaque fois que j'avais été mieux suite à un trip où j'avais accéder à mon Soi, où j'avais accepter ma souffrance comme une partie intégrante de ma personne au lieu de la mettre à distance avec des analyses et des mots, et bien c'était lorsque je l'avais éprouvé, que je l'avais ressenti comme lorsque l'on travers la phase de mort du processus de vie/mort/renaissance (c'est effrayant et éprouvant, mais si ça se passe bien on en ressort heureux). En gros c'était lorsque j'avais d'abord verbalisé consciemment ma souffrance en posant des mots dessus, et que dans la foulée j'en avais fait l'épreuve en l'expérimentant, c'est à dire en la ressentant inconsciemment. Et le fait de l'éprouver faisait le lien entre ma raison et mes émotions, entre mon corps et mon esprit.

    Dans ces moments là je ressortais de mon trip soulagé, léger et dynamique, apte à changer de manière durable, même si au final cet état de bien-être ne durait qu'au mieux que quelques jours avant que j'ai de nouveau envie de me défoncer où que j'ai tiré quelques frustrations de ma réalité. Je me dis qu'il y a quand même moyen d'accéder à soi sans passer par la drogue pour retrouver cet état de bien-être, et de travailler dessus pour arriver à l'entretenir de manière plus durable. En se droguant régulièrement, déjà c'est sur que c'est mort pour entretenir un état d'esprit positif et heureux sur le long terme, la drogue et les dynamiques d'addiction et de dépendance créant trop de dissociation pour que son humeur reste stable, mais pourquoi ne pas s'en servir pour prendre du recul sur soi une fois de temps en temps quand nécessaire, et d'ensuite garder l'idéal rêvé sous influence et voir si on peut l'atteindre en partie dans la réalité...

    Pour ma part c'est le délire dans lequel je me suis lancé en ayant arrêté les prods depuis deux semaines, j'en ai surabusé depuis des années et ma boite à rêve est pleine au point qu'il m'arrive de confondre rêve et réalité, et j'ai surtout atteint un stade où me droguer m'empêchait d'accéder à mon Soi alors qu'avant c'était quasi automatique. Ce qui fait que lorsque je me drogue, je sombre et déprime sans même m'en rendre compte, puisqu'à la longue j'ai fait de cet état morbide ma norme (je m'en rends compte, mais comme d'habitude c'est justifié à coup de pseudo raison ou d'intellectualisation qui me poussaient toujours à reconsommer). Au final en ayant fixé quelques idéaux à atteindre sobre, j'attends de voir sur le long terme si la théorie que j'ai essayé d'expliquer dans mon commentaire fonctionne dans l'application..
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  11. #11
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    Le nuage au dessus de ta tête .
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    Re: Une scène vécue sous Zolpidem

    Je vais vous raconter une expérience que j'ai vécue et qui va définitivement vous décourager de prendre du Zopli en contexte actif et/ou social .

    Je suis avec de bons potes en soirée dans un ancien bâtiment dans un champ de vignes où nous avons l'habitude de nous réunir. Il doit être 23H, je n'ai presque rien bu, on a fait tourner deux ou trois spliffs et j'ai avalé il me semble de cachets de Zolpi il y a une demie-heure de ça. Tout le monde est déchiré à l'alcool sauf moi . Ma vision est très trouble comme si tout bavait, mon cerveau se perd complètement et je ne comprend ni ce que je vois ni ce que j'entends . Je suis dans un canapé complètement amorphe, 2de tension mais je me force à ne pas fermer les yeux pour ne pas dormir .

    A partir de là le récit va être assez flou car mes souvenirs sont très limité . Je ne me souviens plus bien de l'ordre dan lequel ce que je vais raconter a eu lieu.

    Quoi qu'il en soit je aperçois qu'ils fument des cigarillo ou une shisha je sais plus trop ais je demande a tirer . Là, je les vois se disputer un peu, me parler mais j'arrive pas à comprendre alors je dis un truc genre "oui oui ça va aller vous en faites pas" . Suite a quoi on me tend une bouteille de vin que je m'empresse de boire . 50cl plus tard je leur dis que je vais pisser et ils me retrouvent apparemment 15 minutes après collé à un arbre somnolent .

    Après ça je me rappelle juste de moi couché qui me réveille avec un atroce mal de tête là ou on avait posé les sacs de couchages mais ma vision est toute brouillée comme si le sol et les murs étaient liquides et coulaient. je cours droit devant moi puis je ressens une douleur intense au bras et tout se met à tourner : je mes suis cassé la gueule dans les escaliers et un pote me trainait pour pas que mon crane ne se fracasse sur le sol . Je pisse le sang . Après une bouteille d'eau je m'endors pour de bon, au rez de chaussée cette fois pour ne plus tomber .

    Le lendemain matin je me rend compte que je m'étais arraché la peau du bras gauche et que je me suis montré devant mes potes dans mon plus bas état d'après eux j'avais l'air d'un pur débile ce soir là . J'ai eu de la chance que l'on m'ait trainé et mon crane n'ait pas touché le sol .
    Tout fumeur rêve de disparaître dans ses nuages . -Tesson

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